Le canal des pangalanes
LE CANAL DES PANGALANES (la route des orchidées)
La navigation maritime sur la cote est de Madagascar étant trop dangereuse, car soumise aux vents dominants, le colonisateur entreprit à la fin du 19éme siècle de relier entre eux les lacs, lagunes,rivières et cours d’eau , égrenant la cote de Tamatave à Farafangana, pour en faire une voie navigable courant sur plus de 650 Kms.
Cet ouvrage titanesque , qui en fait le plus long canal au monde, couta la vie à des milliers de travailleurs.
Il avait pour finalité de faciliter l’acheminement des épices produites dans le sud est de l’ile vers le port d’exportation de Tamatave.
Laissé par la suite un peu à l’abandon il fut partiellement réhabilité dans les années 80, et reste aujourd’hui navigable sur plus de 450 kms de Tamatave à Mananjary ( à l’exception du tronçon entre VATOMANDRY et MAHANORO recouvert de jacinthes d’eau infranchissables).
Les balades sur ce canal sont un voyage dans le temps car rien n’a changé depuis un siècle .
Il se fraie un chemin à travers la forêt dans la plus grande des tranquillités : les habitants vous saluent à votre passage, les villages Betsimisaraka sur les berges sont toujours en « falafa » et en bois,et vous cotoyez le ballet permanent des piroguiers et des pêcheurs ainsi que celui des radeaux de transport de marchandises qui promènent toujours leurs petites cases improvisées à la façon d'un escargot.
La canal des pangalanes est par excellence le pays du « mora mora », ou tout n’est que lenteur, quiétude,et repos.
Tout au long du Canal et de ses berges beaucoup de mangroves, et une riche flore aquatique : Typhonodorum, Carex, Cyperus, Fimbbristylis, Mellaleuca et Scirpus, ainsi que Nympheas, Najas nénuphars, Casuarinas, cocos, Eucalyptus, Raphia.
Il y a peu de circulation en général sur cette voie fluviale et le canal représente une aubaine pour la qualité des contacts avec la population riveraine, dans des lieux à peine effleurés par le tourisme.
La partie nord traverse surtout des lacs reliés entre eux et les berges sont souvent très éloignées.
La végétation y est moins dense et luxuriante qu’au sud.
Entre MANANJARY et MAHANORO le canal devient plus étroit et est parcouru par un réseau de canaux minuscules recouverts d'une végétation touffue.
S'enfonçant dans ce dédale, on part à la rencontre des villages les plus reculés ......
Le canal est balisé par des "PK" tous les dix kilomètres : PK 0 Tamatave - PK 60 Akanin'Ny Nofy - PK 90 Ambila Lemaitso - PK 101 Andevoranto - PK 155 Vatomandry - PK 228 Mahanoro - PK 341 Nosy Varika - PK 433 Mananjary.
La descente du canal des Pangalanes
Elle peut s'effectuer de manière "improvisée" en profitant d'un chaland transportant des marchandises avec une navigation qui ne dépassera jamais 10 Km/heure !
On vous demandera bien sur un petit geste financier.
Autre solution des chalands spécialisés façon taxis-brousse qui assurent le transport de passagers tronçons par tronçons. Des départs réguliers s’effectuent à la gare fluviale de Tamatave à Manangareza ( prix très modiques).
Mais la façon plus confortable est de réserver une croisière , qui peut aller de un à quatre ou cinq jours auprès d’organisateurs spécialisés , en bénéficiant de bateaux spécialement aménagés pour la croisière touristique ( Lien vers la centrale).
Les itinéraires les plus courants sont :
1. La descente de Tamatave jusqu’à Brickaville ( 3 jours et 2 nuits)
2. La remontée de Mananjary à Manahoro ( 3 jours, 2 nuits)
3. La remontée de Manambato à Tamatave ,ou vice versa ( 2jours, une nuit)
4. L’excursion de Brickaville à Manam bato ( 1 jour ).
Les points forts de la descente
Le Lac Ampitabe ,au lieu dit « Akanin'Ny Nofy » (Le nid des rêves) situé à 60 Kms de Tamatave : Très belle région, beaucoup de calme. Possibilité d’hébergement ( trois hotels de qualité, pouvant organiser toutes les excursions nautiques).
Le Palmarium : Situé sur une presqu'île de 35 ha environ en bordure du lac Ampitabe, à quelques kilomètres du Bush House, cette réserve privée abrite près de 100 000 palmiers spécifiques à Madagascar, dont les variétés les plus rares sont Dypsis, Ravenea, Orania, mais aussi Voanioala et Lemurophoenix. Une dizaine d'espèces de lémuriens évoluent en pleine liberté dans la réserve (Indri Indri, Varécia variegata, Propithèques, Aye Aye etc.) Entrée payante.
Le lac de Rasoabe, avec ses magnifiques rives de sable blanc. Possibilité de séjour très agréable à Manambato : Site balnéaire à la mode ,accessible également par la route ( 7 Kms de pîste à partir de l’embranchement à prendre sur la N2).
Ambila Lemaitso : Site balnéaire existant depuis la colonie. Aujourd’hui un peu à l’abandon, mais qui revient un peu en vogue depuis l’amélioration de la route reliant la capitale. Gare ferroviaire. Excursions possibles jusqu'au site d'Andevoranto, en bord de mer.
Vatomandry (Les rochers endormis- Les rochers plats) : Le site a été baptisé ainsi en raison de deux rochers noirs qui dépassent de la surface de l'eau, à une centaine de mètres du rivage. C'est à l'Est de la rivière Sandramanongy que le premier village fut bâti, vraisemblablement au début du XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, le gouvernement Hova en avait fait un chef-lieu de circonscription où se succédèrent les gouverneurs militaires et civils, "Rakotovao - Vatomandry" en fut le dernier du nom. À cette époque, Vatomandry était un port prospère et les marchandises étaient évacuées à dos d'homme vers la capitale, à travers les sentiers de la forêt de l'est. Visite possible d'une mine de graphite
Mahanoro (Qui rend heureux) : Du nom d'un petit cours d'eau qui traverse le village, le mot Noro comme le mot Sambatra est employé à l'occasion de la circoncision qui est un heureux évènement dans la tradition malgache. Un fort fut bâti par les Merina après la capitulation des chefs locaux qui régnaient sur le "Faritany" (la région). Aux premiers temps du protectorat français, les tribus Andramakivy (région de la haute Masora) se révoltèrent et la plupart des concessions et villages de la région furent détruits. Belle plage et baignade possible.
Les chutes de la Sahatsio (76 Km) : Situé à 18 Km au nord de Mahanoro. Embranchement vers l'ouest qui conduit au lac.. Site pittoresque et agréable.
Les gorges et cataractes du Nosy Volo - PK 90 - PK 107 : Emprunter la piste de Marolambo (difficile et praticable seulement en saison sèche - bac à 22 Km).A voir les rapides de Betamotamo (10 Km de Betsizaraina). À partir de Betsizaraina, il faut remonter le cours du fleuve Mangoro par la piste jusqu'à Tatamarina. Plus loin, on pourra remarquer les cataractes et marmites des géants. L'estuaire du Mangoro est à 10 Km au sud et puis le bac qui traverse jusqu'à Ambodiharina.
Nosy Varika (L'île aux lémuriens) : Elle était autrefois recouverte d'une épaisse forêt primaire et peuplée de lémuriens. Puis un jour, des pêcheurs originaires d'un petit village voisin (Ambodisana, 5 Km Sud) vinrent s'installer sur l'îlot.
À partir de Nosy Varika, se rendre jusqu'au village d'Ampasinambo en véhicule tout terrain. Puis du village, il reste près de 18 Km à parcourir à pied (en ayant eu soin de recruter un guide local et des porteurs). Prévoir de bivouaquer une nuit à proximité des chutes ou dans un village proche, car l'aller-retour dans la journée, relève de la "marche commando".
Les chutes de la Sakaleona (107 Km) : seraient parmi les plus hautes et les plus spectaculaires de Madagascar avec une hauteur de 200 m. Elles méritent une véritable expédition de quelques jours
Mananjary (Qui est respecté, honoré, qui est confortable) : Possible déformation de Mananjara qui signifierait "qui a des arbres" La ville est un centre commercial important grâce à son port de batelage et à son débouché sur le Canal des Pangalanes.
A Mananjary, la population Antambahoaka organise tous les sept ans une importante fête traditionnelle appelée Sambatra (qui signifie joie, gaieté, bonheur), où plus d'un millier de jeunes garçons sont circoncis. L'enfant circoncis entre alors dans le monde des adultes et est adopté par la tribu. Cette circoncision collective peut s'étaler sur une période de trois mois et est placée sous le signe de la joie et de l'allégresse. Pas une larme ne sera versée pour ne pas offenser les dieux. Les festivités se déroulent dans les villes et villages Antambahoaka (Mahela, Tsaravary, Ambohinera, Manakara, Mananjary).
Un calendrier agricole traditionnel fixe la date du Sambatra et le Roi Antambahoaka a déterminé les modalités du rite. La circoncision se déroule en principe quinze jours ou deux mois après le début des festivités. La cérémonie a lieu un vendredi, jour considéré comme faste. Les enfants sont alors placés au-dessus d'un taureau avant la circoncision. Après le rituel, le rhum pourra être partagé entre tous les participants à la fête.
Le lac Mahela : 3h en hors-bord, 5h en pirogue. Ce grand lac qui s'ouvre sur la mer par une superbe embouchure est protégé par un récif de corail où viennent se briser les déferlantes. Un village de pêcheurs est juché entre lac et océan sur une dune de sable piquée de cocotiers et de filaos.
Le Vato Sarilambo (Statue en pierre à l'image d'un sanglier) : À Ambohitsara, vous trouverez une étonnante sculpture appelée "Vatolambo" (La pierre du sanglier), taillée dans une pierre blanche qui aurait été laissée, selon certains, par des Indiens venus du Mangalore au début du XIIe siècle. D'autres avancent que la statue remonterait aux temps des migrations Arabes ou Perses qui dateraient de la fin du premier millénaire. Une petite expédition à travers l'étonnante végétation du canal des Pangalanes permet de gagner le village d'Ambohitsara directement en bateau. Il faut compter environ 4 heures de trajet aller et retour en hors-bord, ou pour les amateurs d'authenticité, 7 heures en pirogue. Sinon suivre la piste côtière vers le Nord, à partir d'Analavilany située sur la lagune entre l'océan et le lac Rangazavaka, jusqu'à son exutoire. De là, il faut prendre une pirogue pour remonter jusqu'à Ambohitsara. NB : la statue est dans un enclos en bois dont le portail est cadenassé. Le chef du village exige un droit d'entrée pour l'ouvrir et raconter son histoire.

