La colonisation française
Â
En 1895, le Général Duchesne a investi la ville de 50 000 âmes et la colonie française est établie. La cité a connu, à partir de-là , une transformation radicale : marché aménagé, percements des tunnels d’Ambohidahy et d’Ambanidia, extension de la ville, construction d’autres voies urbaines, création de l’école de Médecine, de l’Institut Pasteur, d’écoles primaires, et de l’Assistance médicale, fondation de l’Académie Malgache.
La première révolte des Malgaches sonnait dès 1896 avec les Menalamba composés de paysans et d’aristocrates d’Arivonimamo et de ses environs. La mission de "pacification" du général Gallieni (1896-1905) s'exerce avec brutalité. Au total, les conséquences de la répression se traduisent par la disparition d’environ 100 000 personnes, sur une population totale de moins de 3 millions d’habitants.
Â
Le calme revenu, Galliéni s'applique à réaliser sa "politique des races", mettant en place dans les provinces des administrateurs locaux, en lieu et place de l'administration Mérina. L'esclavage est supprimé. Les autochtones, soumis au régime de l'indigénat, perdent tout droit et toute représentation spécifique. Les écoles subissent une francisation forcée et perdent une bonne partie de leurs effectifs.
Â
Par la suite, à partir surtout de 1901, le pouvoir colonial entame la « mise en valeur » de la nouvelle colonie pour le profit des colons et de la métropole. Les voies de communication (routes, peu de voies ferrées, une ligne tamatave-tananrive et une tananarive-antsirabé, canaux navigables) et l’agriculture se développent, des ports modernes sont aménagés, etc.
Â
Durant la Première Guerre mondiale, les autorités françaises mobilisent jusqu’à 40 000 combattants malgaches dont un cinquième tombe au combat. Parmi les survivants, certains étaient porteurs de la grippe espagnole qu'ils vont ensuite propager à Madagascar provoquant la disparition de plusieurs dizaines de milliers de personnes, en particulier sur les hautes terres dont une multitude de villages allaient être désertés.
Â
Entre temps apparut, en 1915, un premier mouvement de résistance, celui des VVS (Vy Vato Sakelika) qui subit aussitôt une violente répression. Ce mouvement nationaliste se développa ensuite vers la fin des années vingt sous l’impulsion de Ralaimongo et de Ravoahangy (Ligue malgache pour l'accession des indigènes de Madagascar à la citoyenneté française). Ses méthodes restèrent toutefois légalistes, malgré la constance de la répression.
Â
En 1942, Madagascar est envahi par les troupes britanniques, ce qui achève de miner le prestige de la France aux yeux des indigènes, même si le pouvoir est remis aux représentants de la France libre.
Â
L’autonomie malgache sous tutelle française a été acceptée en 1945 et deux députés malgaches (Ravoahangy Joseph et Raseta Joseph) ont été élus à l’Assemblée constitutive de la 4ème République français. Les deux élus accompagnés de l’écrivain (Jacques Rabemananjara) ont créé un parti nationaliste : le Mouvement Démocratique pour la Restauration Malgache (MDRM) tandis que plusieurs plus petits rivaux de MDRM ont rejoint le Parti des Déshérités Malgaches (PADESM).
Â
À partir de 1946, le combat pour la restauration de l’indépendance est mené par le MDRM (Mouvement démocratique de la rénovation malgache), dirigé notamment par Joseph Raseta, Joseph Ravoahangy et Jacques Rabemananjara. Ravoahangy et Raseta vont devenir les premiers députés malgaches de l’Assemblée constituante française. Pour le contrer, les Français encouragent le développement du PADESM (Parti des déshérités de Madagascar), un parti anti-indépendantiste regroupant uniquement les Mainti-enindreny et les Tanindrana ou Côtiers. L’éclatement de l'insurrection de 1947 est maté par une violente répression des autorités coloniales françaises entraînant la mort de 100 000 personnes environ et qui servira de prétexte à la dissolution du MDRM par les autorités françaises. Certaines estimations ne reposent sur aucun élément historique sérieux, mais sont issus d'une estimation militaire française erronée. Après leur défaite en Indochine en 1954 cependant, les Français sont obligés d’envisager la possibilité de l’accession de leurs autres colonies à l’indépendance.
Â
C’est ainsi que la loi-cadre, prévoyant le transfert du pouvoir exécutif aux autorités locales est mise en place en 1956. Et dans la même année, le gouvernement socialiste français a renouvelé l'engagement français pour une plus grande autonomie de Madagascar. Ceci permet en juillet 1958 l’accès à la tête du gouvernement de Philibert Tsiranana, un ancien leader du PADESM, devenu député en 1956. Le 14 octobre 1958, la République malgache est instituée par le pouvoir colonial, suivie le 26 juin 1960 de la proclamation de l’indépendance.

