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L’indépendance

Philibert TsirananaSous la présidence de Philibert Tsiranana (1959-1972), les Français continuent à exercer une domination sur l’administration et l’armée de la nouvelle république, ainsi que sur les activités économiques et la vie culturelle.

 

La République malgache décida d'être bilingue: le français et le malgache devinrent alors les deux langues officielles. Cette politique de bilinguisme engendra une véritable situation néocoloniale: les firmes françaises et les Français conservèrent la plupart de leurs privilèges. La pratique scolaire d'assimilation, héritée de la colonisation, faisait encore de la langue malgache aux épreuves du baccalauréat une seconde langue étrangère.

 

De plus, l'alignement des programmes et des examens terminaux sur ceux de l'ancienne Métropole induisit des tensions insupportables dont la révolution de mai 1972 fut une conséquence directe. L’économie n’a jamais décollé sous Tsiranana : précarité des moyens de communication persiste dont trois axes ferrés : Tananarive-Tamatave avec un embranchement sur le lac Alaotra, Tananarive-Antsirabe, et Fianarantsoa-Manakara, 3 800 km de routes dont bitumés pour 2 560 km d’entre elles, servent essentiellement à relier Tananarive aux ports, elles laissent donc d’immenses régions isolées. Quant aux ports, médiocrement équipés, ils assurent un certain cabotage.

 

Dans le secteur primaire, les initiatives du secteur privé ont été peu nombreuses et l’agriculture malgache sous Tsiranana est donc restée essentiellement de subsistance hormis le riz, un secteur pilote pour le régime, où le volume d’exportation atteint les 20 000 tonnes par an pour le riz de luxe. Madagascar est, depuis l’Indépendance, dans la zone franc, une appartenance qui a permis à la Grande île d’assurer la couverture en devises des importations reconnues prioritaires, de donner une garantie de débouchés à certains produits agricoles, à des prix supérieurs aux cours mondiaux (bananes, viande, sucre, riz de luxe, poivre, etc.), de sécuriser les investisseurs privés, et de maintenir une certaine rigueur dans la politique budgétaire de l’État.

 

Mais c’est à cause de l’enseignement que ce régime est tombé et le mot d'ordre de malgachisation de l'enseignement rallia tous les mécontents qui s'exprimèrent lors des événements du mois de mai 1972.

 

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